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Cinq nuits par semaine au Marché d’intérêt national (MIN), une cinquantaine de personnes mettent en place les fruits et légumes que vous pourrez acheter sur les étals de Grenoble et ses environs. Rencontre en photos avec ces employés qui font tourner le marché de gros de la capitale des Alpes.

La journée des employés du MIN commence invariablement par le zinc de Monique Dubois. Elle tient le bar-restaurant du marché de gros depuis plus de 15 ans, distribuant les tasses de café bien serré et les dernières nouvelles aux habitués. Puis les préparateurs de commandes passent sur les « carreaux », le tarmac situé devant les hangars où sont stockés les produits vendus par les grossistes.
De une heure à trois heures du matin, ils vont empiler cagettes, palettes en vue de l’ouverture du marché… Et faire en sorte que les clients achètent les produits de leurs employeurs.
Un travail pénible selon Mika, 27 ans, qui bosse au marché de gros par intermittence. « J’ai fait tous les métiers, j’ai été pâtissier, boulanger, je suis un gros travailleur… Mais il n’y a rien de plus difficile que le MIN », souffle-t-il entre deux séquences d’empilement de cagettes de poires.

Il faut être un peu barjot pour travailler ici

« Les horaires décalés, les charges, devoir préparer et ranger les produits… c’est pas une vie. Il faut être un peu barjot pour bosser ici. » Dans le va-et-vient frénétique des préparateurs de commande, certains respirent pourtant la sérénité. C’est le cas de Pierre Rey-Tinat.
Il contrôle la conformité des commandes et négocie le prix des produits avec les primeurs. C’est aussi l’une des mémoires vivantes du MIN.
« Je suis quasiment né ici ! Mes parents ont commencé à travailler ici en 1963, et moi ça fait 38 ans que j’ai pris leur suite » raconte Pierre.
« Ça a beaucoup changé, on doit être cinq, six grossistes, pas plus. Les gros ont avalé les petits. » Une fois les commandes préparées, elles sont transportées dans les camions. Alpha, originaire de Guinée, fume une cigarette pendant une courte pause.
« C’est du travail, tu n’as pas le choix, tu ne peux pas dire que c’est difficile », positive ce demandeur d’asile. Il dit travailler pour 50 euros par nuit.


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